Commerce de centre-ville : bilan, perspectives

COMMUNIQUE DE PRESSE


 

L’attractivité et le prestige d’une ville, d’une agglomération, restent intiment liés au commerce. L’étude récente de « Challenge – Arthur Loyd » révèle le classement des villes dans lesquelles il se crée le plus de nouvelles vitrines. S’il est de bon aloi d’y voir Lyon, Toulouse et Bordeaux sur le podium des premières arrivées, des agglomérations comme Grenoble et Strasbourg dépassent Nancy. En dehors des éléments sur lesquels une municipalité peut difficilement agir, examinons trois points, rien que trois, pouvant nous aider à améliorer cela.

I. Arrivées, Départs, Créations, Fermetures

On le sait tous, il n’y a pas plus stérile que de se livrer à des batailles de chiffres. Sur le taux de vacance, se comparer aux autres est nécessaire. Regarder si nous sommes pareils, pires ou mieux que certaines agglomérations nous aide à l’autocritique. Cela ne doit pas nous exonérer de remédier à ces désormais friches commerciales urbaines en plein centre. D’abord, en ce qu’elles dénaturent nos quartiers. Ensuite, en ce qu’elles ont tendance, dans certains secteurs de la ville, à se multiplier. Enfin, en ce qu’elles créent un sentiment d’abandon. Prenons un seul exemple qui illustre ces trois critères à la fois. La rue du Grand Rabbin Haguenauer. La fermeture du légendaire magasin Tati :
– a fait que cette rue est esthétiquement et commercialement en déshérence totale,
– a multiplié les départs (Flunch, la Boutique du Coiffeur,…)
– a créé chez les quelques commerçants encore présents et chez les riverains un sentiment d’abandon.

C’est notamment pour cela que nous demandons, depuis longtemps, la création de secteurs sauvegardés du commerce. S’il se crée et s’il arrive bel et bien de nouvelles vitrines sur notre ville, ne négligeons pas celles qui sont partis notamment vers les zones commerciales périphériques et celles qui ont tout simplement baissé le rideau. En termes d’aménagement de territoires commerciaux, ces méga galeries commerciales périphériques marquent le pas ! Elles restent encore trop nombreuses sur le Grand Nancy continuant d’assécher les centres villes des communes. Voilà pourquoi nous militons pour un réseau de transport proposant des tarifs lisibles et attractifs. Les usagers n’arrivent pas à savoir quand devront-ils payer 2€, quand devront-ils payer plein pot, quand est-ce gratuit,…Enfin, pourquoi ne pas opter pour une diversité d’identités urbaines de nos quartiers nancéiens ? A Strasbourg (citée en introduction) la petite France est LE quartier identifié autour de l’eau dans la ville. L’Orangerie est LE parc urbain par excellence pour les joggers, pour les enfants, pour les flâneries. Enfin la place Kleber est LA place des terrasses. Pourquoi diable nos places à Nancy ne font que se copier les unes les autres ? Pourquoi les quartiers sortant de terre ne font que reproduire des programmes immobiliers ? Est-ce bien pour nos commerces ? Est-ce bien pour notre attractivité ?

II. Prix annuel du m2 commercial

Le handicap commercial le plus prégnant à Nancy, c’est l’inaccessibilité pour l’investisseur moyen des locaux commerciaux du centre-ville. A Grenoble (citée en introduction), le prix annuel du m2 commercial varie au plus bas de 75€ à 260€ au plus haut (selon le quartier) avec une moyenne de 140€. A Nancy, il varie de 65€ allant jusqu’à 350€ au plus haut avec une moyenne de 160€. A Strasbourg (citée en introduction), le prix annuel du m2 commercial varie au plus bas de 85€ et à 290€ au plus haut (selon le quartier) avec une moyenne de 150€. Ce prix ne reflétant pas la jauge de notre ville n’est bon ni pour les propriétaires bailleurs risquant de garder longtemps un local vide et d’être taxés sur la vacation, ni pour le commerce de centre-ville n’affichant plus, à côtés de grandes enseignes, que cellules vacantes. Il en va de même pour les pas de portes (droits au bail). La SEM « Nancy Défi » est un bon outil, avoir attendu si longtemps pour le mettre en œuvre démontre un manque de vision et une inertie de l’équipe dirigeante.

III. Diversité Commerciale Grandes Enseignes

La non-homogénéisation du commerce suppose un certain regard. L’arrivée de grandes enseignes locomotives est la bienvenue. Encore faut-il que la ville analyse avec elles les emplacements judicieux pour tous. Eviter de nuire au petit frère d’à côté, la sagesse de La Fontaine valant aussi dans le commerce « on a toujours besoin d’un plus petit que soi ». Faire d’une pierre plusieurs coups, en luttant ensemble contre la déshérence commerciale de certains quartiers. Garder une concurrence saine gagnant-gagnant et ne pas agglutiner les mêmes métiers et les mêmes grandes enseignes aux mêmes endroits.

Puisqu’on en est au bilan

Si nous sommes tous convaincus qu’il n’y a pas de fatalisme sur ce sujet du commerce comme sur d’autres, on pensera forcément la ville de demain en projet ambitieux et non plus en dossier avec quelques chapitres à terminer. Le commerce crée des liens sociaux forts en ce qu’il permet la rencontre et fait vivre le quartier. L’expérience est toujours instructive et nous devons nous en nourrir. La clairvoyance est, quant à elle, créatrice d’innovations. Des innovations peuvent voire le jour demain à Nancy et dans l’agglomération. Si nous savons innover, le commerce jouera un rôle à côté de l’industrie, à côté des entreprises, à côtés des riverains et même dans l’urgence écologique, le consommateur étant devenu un consom’acteur. Voilà plus de 11ans que nous répétons tout cela. Ne pas avoir réagi plus tôt, plus vite, a contribué à faire chuter l’attractivité commerciale de notre ville.

Pour le Groupe « Nancy, Ville Meilleure »,
Areski Sadi, conseiller municipal