Charte de la vie nocturne : un simple rappel à la loi sans moyen

Conseil municipal de Nancy – Lundi 25 mars 2019 – 14h30

9 – Charte la vie nocturne


Intervention d’Antoine Le Solleuz
(Seul le prononcé fait foi)

 

Monsieur le maire, chers/chères collègues,

Les principes posés sont louables et cherchent effectivement à poser un équilibre mais quels sont les moyens mis derrière pour aller au-delà des bonnes intentions ?

De nombreuses villes, petites ou grandes, ont déjà effectué ce travail de longue date (Paris, Lyon, Périgueux, Strasbourg, Valenciennes, Besançon, Epinal…) pourquoi avoir attendu si longtemps alors que ce sujet est sur la table depuis de nombreuses années ? C’était d’ailleurs un engagement de campagne, il y a … 5 ans.
On se souvient d’ailleurs de l’échec du dispositif de médiateurs de nuit qui avait été un temps envisagé par la ville, du fait notamment d’une difficulté à boucler le financement de ce dispositif.

Nous sommes surtout surpris de l’absence de propositions, du caractère très litanique de votre charte. Il eut été plus simple monsieur Thiel, de poser un code pénal sur chaque zinc, chaque comptoir de la ville. Ce manque de propositions vient certainement de la confidence De la concertation préalable à la rédaction de ce document et des signataires et de l’absence des acteurs de la ville autour de la table. Pourquoi ne pas avoir impliqué le conseil de la vie étudiante du tour de table ?

Les premiers touchés par les éventuels excès sont bien les habitants des quartiers. Pourquoi ne pas avoir consulté les conseils citoyens, notamment ceux du centre-ville, quartiers les plus impactés par ces questions ? Nous notons aussi l’absence du procureur général dans la rédaction et la signature de cette charte, charte qui fait somme toute un simple rappel de la loi et des règlements déjà encours.

Alors qu’ensemble, avec toutes les forces de la Ville, nous aurions pu être force de proposition pour :
– encourager la formation des personnels de ces établissements pour mieux encadrer la clientèle,
– travailler sur les mobilités au cœur de la nuit (lignes de bus nocturnes, chèques-taxi,…), en lien avec la métropole et les acteurs économiques,
– créer d’éventuels relais internes à la ville : un correspondant au sein de la ville chargé d’assurer la coordination des acteurs, création d’un conseil de la vie nocturne,
– réfléchir à faire de la signature et du respect de cette charte par les acteurs économiques, un préalable à l’autorisation d’ouverture des établissements jusqu’à 2h du matin.