Parc automobile de la ville : un passage au tout électrique pertinent ?

Conseil municipal de Nancy – Lundi 4 février 2019 – 14h30

15 – Acquisition de véhicules et engins de service – Appel d’offres ouvert


Intervention de Chantal Finck
(Seul le prononcé fait foi)

 

Monsieur le maire, chers/chères collègues,

Cette délibération vient traduire l’un des objectifs évoqués dans votre plan triennal en faveur de la transition écologique évoqué au début de ce conseil municipal.

Dans les faits, il s’agit de poursuivre la mutation du parc automobile de la collectivité déjà entamée il y a quelques années. Les véhicules légers de service seront donc prochainement entièrement électriques. Les véhicules utilitaires seront renouvelés par des engins moins polluants que les actuels, mais toujours thermiques. Je note enfin, et cela reste une réelle réserve, que la police municipale disposera quant à elle de SUV, véhicules pour le moins polluants.

Je m’interroge en effet sur un premier point : êtes-vous certains qu’en prenant en considération le bilan global des voitures électriques, cette décision soit une mesure pertinente ? Je m’appuie sur une étude réalisée par l’ADEME qui s’était interrogée sur le potentiel du véhicule électrique par rapport aux véhicules thermiques. Si comme cela nous a été indiqué, ces voitures roulent en moyenne 40kms par jour, la rentabilité économique reste à démontrer. Selon les calculs de l’agence, pour être rentable, un véhicule électrique doit être utilisé intensément. Surtout si l’on prend en compte son coût environnemental global, de la production notamment des batteries jusqu’à son recyclage, ces véhicules continuent d’avoir un impact fort. Ces voitures ne consomment pas au quotidien d’énergie fossile et ne produisent pas de gaz à effet de serre ou de particules fines, mais n’oublions pas le reste de la chaîne. Avez-vous donc conduit une étude pour mesurer l’impact environnemental de ce renouvellement du parc ?

Le deuxième point que je souhaitais soulever concerne un angle mort de cette décision. En effet, la possibilité de mettre en commun l’ensemble de ces véhicules au sein d’un parc automobile intercommunal n’est pas du tout évoquée ici. C’est pourtant une piste sérieuse et efficace qui permettrait une meilleure optimisation du parc. La mise en place d’un tel outil serait un nouveau pas allant dans le sens d’une mutualisation des moyens entre la ville, la métropole et éventuellement d’autres communes voisines intéressées. Des outils informatiques, notamment développés ici par des start-ups nancéiennes, existent pour piloter de manière efficiente l’utilisation de ces flottes automobiles.

Si cette délibération va plutôt dans le bon sens, en voulant cesser notre dépendance aux énergies fossiles, nous pensons que nous aurions pu faire mieux sur ce sujet et nous préférerons donc nous abstenir sur ce point.