Retour sur le(s) vol(s) au Musée des Beaux-Arts

Conseil municipal de Nancy
Lundi 25 juin 2018 – 14h30

15 – Nancy-Musées : Convention de partenariat avec Lorraine Tourisme dans le cadre du Pass Lorraine


Intervention de Nadia Sutter

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Maire, cher.e.s collègues,

Je souhaite profiter de cette délibération pour revenir sur le fait divers qui s’est déroulé au Musée des Beaux-Arts de Nancy en mai dernier, et pour être plus précise, sur le vol du tableau de Paul Signac, « Le Port de la Rochelle », dont la valeur a été estimée à 1.5 M €.

Sur le modèle de l’Etat, concernant ses propres collections (et c’est le cas pour le tableau de Paul Signac), la Ville de Nancy est son propre assureur. Pouvez-vous nous expliquer cela plus clairement ? Peut-on considérer ce vol comme une perte sèche pour la Ville ?

Le Musée des Beaux-Arts de Nancy a déjà été le théâtre d’un autre vol, il y a deux ans. Cela concernait un graffiti de l’artiste Etienne Cournault. Cette œuvre a été dérobée dans les réserves, non accessibles au public. C’est plutôt inquiétant…. D’ailleurs, quel est le montant estimé de ce vol ?

Ce manque de sécurité est tellement flagrant et notoire que des plaisantins, ou peut-être des « amoureux d’art », qui sait, se sont rendus dans une salle, ont décroché une toile, l’ont tranquillement déplacée dans une autre salle en glissant un mot… « la sécurité n’est pas assurée ».

Cela devient tellement public que le risque va devenir de plus en plus important à l’avenir. Notre patrimoine prendra la poudre d’escampette au gré des envies de malfaiteurs qui, eux, sont parfaitement organisés !

Bien sûr, il y a quelques caméras de vidéosurveillance, mais pas dans toutes les salles. Pourquoi ? J’ai l’impression que les carrefours de la ville sont mieux dotés en vidéosurveillance que nos musées. Il est vrai qu’il faut faire des économies, mais celle-ci nous aura coûté 1.5 M €.

Il y avait une autre solution : la mise sous alarme des toiles. Encore une fois, Nancy n’en a pas. De plus, pour certaines œuvres de grande valeur, il faudrait une mise à distance du public par un périmètre de sécurité, afin de les protéger d’éventuelles dégradations.

Il y a des solutions technologiques, mais il y a aussi des solutions humaines. Et là, le constat est affligeant : l’effectif est tellement réduit qu’il ne peut pas y avoir assez d’agents dans toutes les salles. En section de fonctionnement du compte administratif qui vient de nous être présenté, je note pourtant que vous avez économisé pour ce musée 63 000 €.

Le personnel du musée manque également de formation pour les conduites à tenir en cas de vol ou de dégradations ; cela me semble nécessaire pourtant.

Maintenant que vous avez déplacé du Musée Lorrain, actuellement fermé, « La Femme à la puce » de Georges de la Tour, et qu’elle se situe non loin des toiles célèbres d’Emile Friant, il serait tout de même important de revoir toute la sécurité de ce beau musée. Je n’aimerais vraiment pas la voir disparaître à son tour dans les mains de collectionneurs de l’ombre qui viennent faire leur marché sur la place Stanislas !