Ligne 1 : une simple déclaration d’intentions

Conseil métropolitain du Grand Nancy
Vendredi 25 mai 2018 – 13h45

7 – Renouvellement et extension de la ligne 1 : décisions consécutives à la concertation préalable


Intervention de Bertrand Masson

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,
Cher.e.s collègues,

Mon intervention pourrait être courte si je m’en tenais à votre propos introductif : « il ne s’agit pas d’adopter aujourd’hui un projet ». Voilà tout le problème et cette phrase justifie à elle seule notre opposition à cette délibération.

Au terme de vingt ans d’échecs en matière de transports, huit ans après que le conseil général de l’environnement et du développement durable ait fixé à 2022 la fin du tram actuel, nous sommes en droit d’attendre des choix politiques clairs, des engagements précis, un calendrier de mise en œuvre et des financements assurés.

Or, sur quoi allons-nous voter ? Une délibération vaporeuse, aussi imprécise que sournoise. Autrement dit, nous devons nous prononcer sur une simple déclaration d’intentions.

Si bien évidemment, on lit attentivement ce texte, on pourrait croire qu’il est parfait. Tout y est : Brabois, Nations, Roberval, Porte Verte, le tram train, le vélo, le verdissement. C’est Noël avant l’heure, mais sommes en mai et nous ne croyons plus au Père Noël !

Cette délibération n’est pas sans rappeler ce qui figurait déjà dans les deux précédents PDU et qui est d’ailleurs pour l’essentiel resté lettre morte. Pourquoi feriez-vous demain ce que vous n’avez pas fait hier ?

Je pense par exemple aux liaisons tram/TER, tant de fois promises, jamais réalisées, pourtant si essentielles pour désengorger le centre-gare et offrir aux usagers des alternatives à la route.

Alors cette fois, on parle d’une amorce vers le Nord, quelques dizaines de mètres, comme un gage de réalisation. Je rappelle, cher.e.s collègues, qu’une amorce a été réalisée boulevard d’Austrasie, au droit des Deux-Rives. Chacun peut aujourd’hui mesurer ce qu’il est advenu de cette amorce !

Au rang des promesses non tenues, je ne m’étend pas sur les lignes 2 et 3 du tram, sur les parkings-relais (on attend toujours celui du boulevard de Scarpone), sur les parcours vélos, dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont aujourd’hui incohérents et dangereux.

Je l’affirme très clairement, et je remercie Serge Bouly, président du groupe de la majorité, de sa franchise et de dire ce que tout le monde sait : cette délibération introduit un phasage et un report de la montée de Brabois à une date inconnue. Et le fait d’avoir une seule DUP n’y change rien. Le financement de la desserte de Brabois est renvoyé à plus tard, à des choix ultérieurs, que d’autres devront faire, autrement dit aux calendes grecques.

Je le redis, c’est irresponsable, que le premier jour de sa mise en service, le nouveau tram ne desserve pas le premier pôle hospitalier de la région, un de ses principaux pôles universitaires et un des poumons économiques de la métropole.

Je ne reviens pas sur le financement de ce projet que vous n’êtes pas en mesure d’assurer. Je le redis : la faute à qui ? Vous avez échoué, en près de 10 ans (depuis 2010), à réunir 380 millions d’euros. C’est votre responsabilité et, en la matière, elle est lourde.

Pire, dans le dernier rapport d’orientation budgétaire, vous avez annoncé vouloir faire 5 millions d’euros d’économie sur la future délégation de service public des transports. Ce qui n’est pas de nature à nous rassurer…

Pour conclure, cette délibération ne prend aucune décision, renvoie à plus tard les vrais choix. Cette délibération, c’est la poursuite d’une politique de transports, qui manque cruellement d’ambition, d’audace et de responsabilité. Cette délibération sans financement ni calendrier n’est qu’une déclaration d’intention et, à ce stade, c’est très insuffisant.

C’est pourquoi nous voterons contre cette délibération.