Ligne 1 : un projet à inscrire dans une politique de transports ambitieuse

Conseil métropolitain du Grand Nancy
Vendredi 25 mai 2018 – 13h45

7 – Renouvellement et extension de la ligne 1 : décisions consécutives à la concertation préalable


Intervention de Chaynesse Khirouni

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,
Cher.e.s collègues,

Vous l’avez dit : ce n’est pas un dossier politicien, mais c’est un dossier éminemment politique. Ce dossier, il nous faut l’inscrire à la fois dans la politique plus globale des transports et de la mobilité, mais également dans l’histoire de la mise en œuvre de la ligne 1 du tram.

Monsieur le Président, vous évoquiez, lors du dernier Conseil métropolitain, un projet complexe. Oui, il l’est certainement. Mais vous l’avez rendu particulièrement complexe par de mauvais choix initiaux : choix du matériel bien entendu, mais surtout une grave faute liée à la précipitation dictée par des raisons électoralistes, à savoir la nécessité d’inaugurer le tram avant les élections municipales de 2001, au mépris des usagers.

Depuis, le Grand Nancy traîne comme un boulet ce choix précipité d’un matériel qui s’est révélé catastrophique.

Vous évoquiez également le fait que ce soit le plus gros dossier structurant à l’échelle de notre bassin de vie. Oui, bien sûr, il aurait du l’être. Mais il est devenu le plus gros fiasco en termes de politique de transports.

On ne peut pas dissocier cette délibération de la politique de transports de la Métropole. Le tram, c’est 45 000 usagers qui subissent les désagréments de cette politique inadaptée aux besoins et aux défis écologiques, économiques et sociaux.

Cela se traduit par l’absence d’un réseau intégré, efficace, urbain, péri-urbain, régional, par l’absence d’un maillage territorial soutenu et équilibré, et par l’incapacité à développer de nouvelles réponses en termes de mobilités – je pense, bien évidemment, au tram-train et à l’absence d’un véritable plan de circulation efficace et sécurisé pour les vélos.

Concernant les coûts, ensuite : c’est un projet que vous avez rendu coûteux. Un gouffre financier pour notre Métropole, par absence d’anticipation. Le choix du matériel et son entretien ont mis notre collectivité dans de grandes difficultés financières, qui nous empêchent d’avoir un réseau ambitieux et qui vous empêchent de prévoir un renouvellement optimal de la ligne 1.

En effet, les contraintes budgétaires sont telles que notre responsabilité est aujourd’hui de ne pas amener la Métropole à un surendettement dangereux, Christophe Choserot l’a rappelé. C’est pourquoi vous avez d’abord proposé un projet de tracé a minima et en deçà de l’existant, à savoir un service moindre, en amputant le tronçon Vélodrome-Plateau de Brabois. Un tracé qui n’intégrait ni Seichamps, ni la Porte Verte à Essey-lès-Nancy. Heureusement que les maires, les associations, les usagers se sont mobilisés ! Sans l’acharnement du maire de Vandoeuvre et de son équipe, il n’y aurait pas de promesse de montée à Brabois aujourd’hui. Sans la mobilisation, il y aurait eu plusieurs phasages.

Je voudrais terminer sur la faisabilité et le coût du projet, qui est estimé sur l’ensemble du trajet complet, à près de 400 millions d’euros. Nous n’avons aucune visibilité sur ce financement. La mise en œuvre de l’ensemble du tracé n’est pas assurée dans le calendrier contraint, et rien ne nous assure que la mise en œuvre se fera dans un délais raisonnable.

Au vu des choix faits depuis 20 ans en termes de mobilités et de transports, je n’y crois pas. La vérité est que la Métropole n’a pas les financements pour l’ensemble du projet. La capacité d’endettement est au maximum et intègre éventuellement la première phase, mais les 150 millions d’euros supplémentaires pour la montée à Brabois ne sont pas prévus, Serge Bouly vient de l’admettre.

Quels choix seront faits par la Métropole ? Quel projet serait susceptible d’être abandonné ? Nancy Thermal ? La suppression d’équipements ? D’autres projets sur l’agglomération ? Ou alors, Brabois ne se fera pas, ou dans 50 ans ?

La vérité est qu’au regard de l’historique de la ligne 1 du tram, de la politique désastreuse de transports engagée sur notre territoire, au regard du flou complet sur le financement et le calendrier de mise en œuvre de l’ensemble du tracé, je ne peux pas, Monsieur le Président, vous accorder ma confiance.

Je vous remercie.