Ligne 1 : aucune garantie réelle, sérieuse, absolue

Conseil métropolitain du Grand Nancy
Vendredi 25 mai 2018 – 13h45

7 – Renouvellement et extension de la ligne 1 : décisions consécutives à la concertation préalable


Intervention de Vincent Herbuvaux

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,
Cher.e.s collègues,

Nous sommes aujourd’hui le 25 mai 2018 et nous débattons encore de l’avenir de la ligne 1, près de 20 ans après la mise en service chaotique de ce tram qui restera tristement célèbre dans les mémoires de tous les Grands Nancéiens ;

Près de 20 ans après l’approbation du premier PDU qui définissait 3 lignes en site propre pour le Grand Nancy (nous attendons toujours les lignes 2 et 3) ;

Près de 10 ans après que le conseil général du développement durable ait rendu ses préconisations et déclaré que ce matériel ne pourrait être exploité au-delà de 2022 (et encore, à grands renforts de rafistolages).

Nous sommes donc en 2018, et vous nous demandez de prendre position sur ce qui n’est rien de plus qu’une déclaration d’intentions. De belles et de bonnes intentions, certes, mais ni plus ni moins que cela.

Alors que les autres agglomérations en sont à étendre leurs réseaux de transports en commun, nous en sommes toujours réduits à mettre la ligne 1 sur le métier. Quelle perte de temps ! Quel gaspillage d’argent ! Quelle débauche d’énergie !

Et tout cela pour quoi ? Pour l’assurance que vous nous donnerez d’un tram sur rails qui montera à Brabois ? Pour une nouvelle de vos promesses que vous ne tiendrez pas plus que les autres ! C’est trop facile, Monsieur le Président, de faire peser sur vos successeurs le poids de vos erreurs et celui de vos engagements.

Quelle garantie réelle, sérieuse, absolue pouvez-vous donner aujourd’hui aux citoyennes et aux citoyens de notre territoire pour qu’enfin, ils aient les réseaux de transports en commun qu’ils méritent, et dont notre agglomération a tant besoin ? Aucune !

Car nous ne pouvons nous fier à votre parole, Monsieur le Président, cela a été rappelé par mes collègues. Et comment croire que vos successeurs se sentiront liés par vos engagements, alors même qu’ils auront à débattre de la dette que vous leur aurez laissée en héritage ?

Mais le pire est sans conteste la situation des usagers, contraints plus que tout de payer le prix de vos erreurs et de subir encore vos atermoiements. C’est à eux que vous avez manqué en n’ayant pas mené une politique des transports digne de ce nom. Ce sont eux que vous méprisez en n’ayant pas anticipé le budget pour cette infrastructure essentielle. Ce sont eux que vous leurrez par vos concertations, alors que vous savez que vous n’avez pas les moyens de réaliser ce grand projet.

Lors de la concertation, justement, et comme chacun d’entre nous le sait, des inquiétudes sur la rupture de charges au niveau du Vélodrome se sont largement exprimées. Il convient aujourd’hui d’y apporter des réponses concrètes.

Ces inquiétudes sont également réelles sur le calendrier et l’organisation des travaux. Nous devons être en mesure de prévoir et d’organiser les possibilités de circulation en transports en commun, mais aussi en vélo, dans un centre-ville nancéien et, au-delà, dans une agglomération saturée par le trafic automobile et proche de l’asphyxie.

Il a souvent été expliqué dans cette enceinte que la ligne 1 a toujours été et restera la colonne vertébrale de notre réseau de transports. Il convient donc, dès aujourd’hui, de travailler sur un schéma à long terme, un plan de déplacements urbains plus ambitieux pour les décennies à venir. Il convient donc de se donner les moyens de ses ambitions.

Je vous remercie.