Aide au commerce : flécher les subventions FISAC

Conseil municipal de Nancy
Lundi 14 mai 2018 – 14h30

21 – Mise en œuvre de la subvention FISAC « opération collective en milieu urbain »


Intervention d’Areski Sadi

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Maire, cher.e.s collègues,

Le FISAC est ce fond destiné principalement à aider la création, la modernisation, la transmission d’entreprises du commerce et de l’artisanat, ceci pour plus de proximité avec les riverains.

Ces riverains justement, ces commerçants, nous disent être preneurs d’un centre-ville plus attractif. Il semble bien que le temps du caddie dans les grosses zones périphériques soit révolu. Ils veulent flâner en ville, y être utilisateurs de services publics, de professions libérales, d’artisanat, de sorties sportives, de sorties culturelles… tout cela à proximité de chez eux.

L’offre des services rendus dans les centres-villes de France est de plus en plus amoindrie. Stades, hôpitaux, de plus en plus de médecins, magasins sont mis à l’extérieur de la ville. A Nancy, une nouvelle grande enseigne quitte le centre-ville : Maisons du Monde.

Les zones périphériques, en plus d’abimer par leur urbanisme commercial l’esthétique de nos entrées de villes, livrent ces mètres carrés prioritairement à tous ceux-là, en privant alors les industriels qui ont eux besoin de surfaces de stockage accessibles aux gros véhicules. C’est contre-productif pour nos territoires.

A l’avenir, nous vous proposons de flécher ces aides FISAC en tenant compte de ce constat, en favorisant plutôt les indépendants que les grands groupes succursalistes et selon trois aspects au moins de l’aide au commerce :

  • Un côté « animation » ;
  • Un côté décrétant de véritables secteurs sauvegardés du commerce (je l’avais évoqué la dernière fois) ;
  • Un côté pour influer sur le prix du mètre carré et des pas de portes en centre ville.

Concernant l’animation commerciale d’abord, la création du développeur de centre-ville, pour laquelle une partie de cette subvention FISAC est accordée, est visiblement très laborieuse. L’intéressé a tout simplement quitté ses fonctions après que les commerçants ne l’aient pas beaucoup rencontré. Qu’en est-il, Monsieur le Maire, Madame l’adjointe ?

Aider les commerçants à être sur internet : oui, bien sûr ! Mais c’est assez redondant avec ce que leur proposent déjà de nombreux autres organismes.

Les marchés municipaux représentent quant à eux un réel levier d’animation pour la ville. J’ai déjà cité ici l’exemple de Montreuil comptant plus de sept marchés dans tous ses quartiers. Nous avons proposé d’en créer, de façon cohérente, dans les quartiers nancéiens, à des créneaux horaires originaux, nocturnes par exemple, et à majorité de produits du terroir, en relation avec les AMAP, les producteurs, les artisans et les créateurs.

Les consom’acteurs se multiplient et c’est tant mieux. Le projet d’une grande épicerie coopérative collective a vu le jour dans notre ville, je vous en parlais dès 2014.

Sur le fait de décréter de véritables secteurs sauvegardés du commerce ensuite, l’embellissement des vitrines, des façades et la propreté des rues dans certains secteurs de la ville est en effet urgent. Une autre partie de cette subvention FISAC y est consacrée.

Nous avons évoqué, lors du dernier Conseil, l’augmentation du secteur piéton du centre-ville. Monsieur le Maire, s’il n’est pas question du zéro voiture, nous militons pour désengorger le centre-ville en réduisant le nombre de voitures qui y entrent. La voiture enferme dans un habitacle. On se rend à un point et on en repart quasiment sans avoir rien vu d’autre. Bien sûr, qui dit piétonisation, dit transports en commun de qualité, avec de nombreux arrêts en ville, avec un cadencement suffisant et avec un tarif attractif. En France, 17,7 Millions de déplacements par jour, sont pour les achats. 10% de tous ces déplacements sont effectués en transports en commun, à pied et à vélo.

Enfin, l’élu doit influer sur le prix du mètre carré commercial en ville. Il doit influer sur le prix des pas de portes en ville. Nous devons pour cela réunir les acteurs et les professionnels de l’immobilier commercial pour trouver des pistes avec les bailleurs.

Voilà ce que je tenais à vous redire à l’occasion de cette délibération.

Je vous remercie.