Tribune – « Nancy Mag » (mars 2018)

Transition écologique : de la communication à l’action

 

Lors de ses vœux, le Maire de Nancy a annoncé que 2018 serait l’année du lancement de la transition écologique, l’objectif étant de faire de notre ville une référence en la matière à l’horizon 2030. Cette volonté est bienvenue car, jusqu’ici, le sujet était assez peu présent dans la communication de la majorité municipale. Il est vrai que d’écologie, il n’en était fait nullement mention dans le programme de 2014. Rien non plus une fois au pouvoir dans le Projet de Ville, adopté au début du mandat… si ce n’est lors d’un rapide paragraphe sur « l’héritage botanique » de Nancy.

Pour autant, nous partageons évidemment l’urgence de cet engagement. Le groupe « Nancy, Ville Meilleure » avait d’ailleurs, dès la campagne municipale, porté un projet ambitieux, assez moqué à l’époque. Dans un long développement, nous avions en effet émis le souhait que notre ville devienne « pionnière de la transition écologique » et fait plusieurs propositions, rappelées ici pour mémoire :

  • Création du 1er Parc naturel urbain de Lorraine pour plus de nature en ville. Cette question de la place du végétal dans la cité mérite aujourd’hui d’être reprise et explorée, notamment au regard de l’aménagement des places Thiers et Charles III.
  • Appui à l’amélioration énergétique des logements publics ou privés, dont on sait qu’il s’agit d’un enjeu majeur.
  • Facilitation du tri des déchets et promotion de leur réemploi local, etc.

Nous croyons qu’effectivement, il s’agit là d’un travail de longue haleine et en profondeur qu’il faut conduire, et il y a pour cela un certain nombre de sujets sur lesquels nous pouvons, dès maintenant, agir.

Par exemple, sur la question de l’éco-mobilité. Alors que notre Métropole s’apprête à faire un choix pour le renouvellement de la ligne 1 du tram, nous espérons être nombreux à défendre les connexions entre le réseau TER et le réseau de transports en commun du Grand Nancy. Le tram-train, longtemps évoqué, toujours repoussé, doit désormais être tout à fait constitutif du choix qui va être fait dans quelques semaines.

Par ailleurs, alors que la transition écologique est une mesure de justice sociale, il nous paraît contradictoire de voir la majorité métropolitaine augmenter régulièrement le prix des transports en commun (pour rappel : +1,8% au 1er août 2017, soit un point supérieur à l’inflation).

Il nous faudra également repenser, dans le cadre du débat qui s’engage autour des déplacements urbains, la définition du Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi). Nous l’avons souvent dit : la mobilité est plurielle et il est aujourd’hui nécessaire de changer de priorité, dans une ville à la topographie aussi contraignante que la nôtre. Au-delà de la généralisation de la zone 30, la question de la place accrue pour le vélo doit donc être centrale, avec la création d’un réseau de pistes cyclables enfin cohérent et sécurisé. Nous devons aussi penser l’aménagement urbain à l’échelle du piéton et non plus à l’échelle de la voiture, comme cela a été le cas pendant de trop nombreuses années. Il y a beaucoup à faire pour l’extension d’un secteur piétonnisé, quasi inexistant à Nancy.

Enfin, nous pensons que les décideurs locaux doivent dès à présent demander au gouvernement de revenir sur les propositions contenues dans le rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures, présidé par Philippe Duron, dont Nancy est la grande perdante. Offrir à Nancy, et au territoire dans son ensemble, un débouché sud afin de ne pas demeurer un cul de sac ferroviaire, penser le désengorgement que nous constatons aux portes de notre ville via l’A31, voilà des initiatives pour lesquelles il nous faut, collectivement, nous engager fortement.

Ainsi, au-delà des slogans, au-delà des opérations de communication, la Ville de Nancy doit engager un travail de fond et faire des choix courageux qui vont sans doute bousculer. Mais c’est aussi cela, la responsabilité politique.