Budget 2018 : retour sur quelques politiques publiques

Conseil municipal de Nancy
Lundi 26 mars 2018 – 14h30

6 – Vote du budget primitif 2018


Intervention de Bertrand Masson

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Maire, cher.e.s collègues,

Je voulais, en complément de l’intervention de Chaynesse Khirouni, revenir sur quelques politiques publiques, et vous dire pourquoi, au-delà de la simple question budgétaire, nous aurions voulu un autre budget.

  • Concernant la transition écologique, d’abord :

Effectivement, vous avez annoncé, Monsieur le Maire, le lancement d’une démarche en 2018, pour une traduction budgétaire en 2019. Cependant, rien n’empêche d’engager dès cette année un certain nombre d’actions. Nous aurions pu voir dans ce budget quelques premières intentions ; permettez-moi de citer plusieurs exemples.

Je pense qu’aujourd’hui, les Nancéiens considèrent cette ville trop minérale. Beaucoup d’aménagements réalisés, souvent par la Métropole ces dernières années, ne font pas une place suffisante aux espaces verts. J’aimerai entendre le Conseil municipal de Nancy, son Maire et l’ensemble des élus, dire qu’il faut aller moins vers une verdure décorative que vers de véritables espaces à vivre, des « territoires de nature ». Pour les aménagements de la Place Thiers, de la Place Charles III, dans le quartier Rives de Meurthe ou pour ce qui s’annonce comme l’utra-bétonisation de Nancy Grand Cœur, je n’ai pas assez entendu les élus nancéiens défendre ce point de vue.

Autre exemple : la question de la piétonisation. Ce n’est pas un sujet nouveau, nous en avons déjà débattu, notamment durant la campagne municipale de 2014. Depuis, de très nombreuses grandes villes, en France et en Europe, ont accru leur secteur piéton. Nous avons du retard en la matière, et je ne cherche pas ici à dire à qui incombe cette responsabilité. Mais si nous voulons vraiment nous projeter, il faut maintenant mettre en cohérence les orientations et les choix politiques. Rien n’empêche, dès cette année, d’engager un certain nombre d’expérimentations. Personne, je crois, n’a regretté le choix qui a été fait, par exemple, de piétonniser quelques rues de la vieille ville les soirs d’été. Nous pouvons aller plus loin, vers des secteurs plus larges encore. A l’heure où, au grand dam de Monsieur Coulom, la plupart des grandes villes du monde dit vouloir réduire – voire interdire à terme ! – la voiture, je crois que nous avons, à Nancy une marge de manœuvre extrêmement importante.

En matière de transports en commun ensuite, la Métropole est à quelques semaines (si j’ai bien compris) de faire des choix décisifs pour notre agglomération. Il serait heureux que la voix du Conseil municipal de Nancy porte fort pour défendre, par exemple (et pas dans un phasage qui nous renverrait aux calendes grecques), l’interconnexion tram-TER. Il s’agit d’assurer des liaisons Nord-Sud à l’échelle du Sillon Lorrain, plus performantes qu’elles ne le sont aujourd’hui, et d’éviter l’engorgement du quartier de la gare. Voilà une voix qui pourrait porter, alors que finalement, le seul choix fait par la majorité à la Métropole, c’est l’augmentation du prix des transports en commun.

Un mot sur le vélo maintenant. Le baromètre des villes cyclables, tel que publié par la Fédération française des usagers de la bicyclette il y a quelques semaines, classe Nancy en dessous de la moyenne avec la mention « plutôt défavorable ». Je crois qu’il n’y a là en rien l’occasion de se féliciter ! Pire encore : cette enquête met en exergue le problème du réseau des itinéraires cyclables, problème pourtant connu de longue date à Nancy et souligné par les associations d’usagers. Est pointé également l’insuffisante sécurité de ces axes d’itinéraires cyclables. Il y a beaucoup à faire en la matière, n’en déplaise à Monsieur Coulom qui a bien le droit de rester sur le quai du train du développement durable ! Aujourd’hui, il ne s’agit pas de partager l’espace public mais de faire de vrais choix, clairement en faveur des modes doux et collectifs de déplacements.

  • Concernant l’éducation, ensuite :

J’en profite pour adresser les félicitations de notre groupe à Romain Pierronnet et Aline-Sophie Maire pour leur élection en tant que nouveaux adjoints au Maire puisqu’ils ont, finalement, désormais la jeunesse en compétence partagée.

Monsieur le Maire, le titre de votre dernier édito dans le magazine municipal est « investir massivement dans l’éducation ». D’ailleurs, ce qu’a présenté Michel Dufraisse en termes d’entretien courant des écoles, en plus du programme d’investissements qui est en place, est une bonne chose et il ne s’agit pas ici de le critiquer.

Nous avons parlé, lors du dernier Conseil municipal, du retour aux 4 jours d’école dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Je crois qu’il conviendrait d’accompagner cette décision (sur laquelle je ne reviens pas, nous en avons suffisamment parlé) d’un certain nombre de mesures pour que ces journées plus longues d’école, auxquelles vont être confrontés les enfants dès la rentrée prochaine, soient compensées.

Nous voudrions par exemple que vous rouvriez le débat sur la présence d’une ATSEM par classe. En juin 2015, dans le cadre du « plan d’équilibre et de développement » que vous aviez présenté et voté, vous aviez annoncé la suppression de certains de ces postes, à l’exception des classes de REP. Je crois qu’aujourd’hui, il conviendrait de revenir sur cette décision afin d’apporter un « plus » éducatif aux enfants qui vont voir leurs journées s’allonger, à rebours de ce qui se passe dans tous les pays européens.

De la même manière, je me permets d’appuyer une proposition que nous avons déjà faite dans cette enceinte. En effet, nous demandons qu’un travail soit engagé sur la mise en place d’un véritable service municipal d’aide à l’apprentissage des leçons. Ce service doit pouvoir être gratuit, dans toutes les écoles de la ville et pas uniquement en REP. C’est par exemple le choix qui a été fait à Saint-Etienne, avec un vaste programme d’accompagnement à la scolarité. Le gouvernement, quant à lui, a mis en place dans les collèges le dispositif « Devoirs faits » : pourquoi ne pas réfléchir à un dispositif dans le même esprit ?

  • Concernant la sécurité et le cadre de vie, enfin :

Nous vous avons déjà interpellé sur la sécurité, qui semble se détériorer dans plusieurs quartiers de la ville. Je sais que vous travaillez sur ces questions, et nous en parlerons plus longuement au prochain Conseil municipal en présence du Préfet et du Procureur de la République. Je crois cependant qu’il y a là un travail à faire de manière encore plus importante.

Le gouvernement vient de lancer un dispositif qui rappelle la police de proximité, telle qu’elle avait été mise en place avant d’être supprimée par le Président Sarkozy. Je crois que des moyens supplémentaires pourraient être déployés par la Ville pour assurer ces missions de prévention et de proximité avec nos concitoyens.

Nous voulions également attirer votre attention sur l’éclairage urbain, puisque c’est un sujet sur lequel nous sommes régulièrement interpellés mais dont nous parlons rarement. La Ville de Dijon a, par exemple, mis en place un schéma directeur des points lumineux. Il y a, là aussi, certainement quelque chose à faire pour atténuer un sentiment d’insécurité parfois directement lié à l’éclairage public.

Enfin, pour ce qui est du cadre de vie, la Ville et la Métropole ont encore beaucoup de progrès à faire, notamment concernant la propreté. Il s’agit d’un sujet assez inépuisable, et je ne nie pas les efforts qui ont été faits. Je pense bien sûr aux campagnes de communication, de prévention et de sensibilisation, ainsi qu’à l’annonce de la mise en place d’une « brigade du cadre de vie » en octobre dernier. D’ailleurs, peut-être pourriez-vous nous en dire un peu plus et nous donner quelques éléments de bilan ?

Pour conclure, je pense que la constance, c’est bien (nous sommes en effet dans la droite ligne des orientations annoncées en début de mandat), mais il s’agit aussi parfois de réajuster au regard des évolutions que connaît la ville. Il me semble que j’ai pu évoquer quelques pistes.

Je vous remercie.