Tribune – « Nancy Mag » (déc. 2017)

En matière de commerce à Nancy, il y a ce que dit la majorité municipale et il y a la réalité !

Depuis plusieurs années, notre groupe dit son inquiétude face à une situation qui se dégrade. Près de deux ans après le recrutement d’un développeur de centre-ville et la création d’une « ATP » (une association, un territoire, un projet) par la Métropole, les résultats de l’action municipale se font attendre. Il y a pourtant urgence à conduire une prospective d’enseignes plus dynamique, à instaurer une taxe sur les cellules vacantes, à engager un dialogue avec les propriétaires et à soutenir l’installation de jeunes commerçants, en partenariat avec les chambres consulaires.

Lutter contre la désertification commerciale avec des propositions concrètes

Les cellules vides se multiplient à Nancy, certains propriétaires préférant privilégier la logique spéculative. Pourtant, des solutions existent et nous n’avons eu de cesse de faire des suggestions en ce sens.

Nous réitérons ici notre proposition d’une taxation sur les cellules vacantes, afin d’inciter les propriétaires à louer leurs locaux. Par ailleurs, il nous paraît indispensable d’entamer une réflexion quant à une fiscalité locale spécifique pour accompagner les nouveaux commerces indépendants, avec la mise en place d’aides financières au démarrage.

Il convient également de revoir totalement la politique des transports qui, aujourd’hui, font plutôt figure de repoussoir, et de penser l’extension d’un secteur piéton, quasi inexistant à Nancy. Enfin, un centre-ville attractif, c’est un centre-ville agréable, vert, animé, loin du tout minéral triste, dogmatiquement généralisé.

Soutenir le commerce de proximité sans généraliser l’ouverture les dimanches

Une des réponses de la majorité municipale est de proposer le passage à 12 dimanches d’ouverture des commerces, après être passé de 5 à 9 dimanches en 2016.

Nous regrettons l’absence d’évaluation de l’impact de ces dérogations en termes de dynamique économique et d’attractivité, et nous rappelons qu’un grand nombre de petits commerces et de TPE/PME n’est pas favorable à ces ouvertures. En effet, contrairement à la grande distribution, aux franchisés, ces commerces ne peuvent en assumer le coût supplémentaire (salaire double, repos compensateur, coûts matériels).

D’ailleurs, les commerces de plus de 400m² à dominante alimentaire peuvent ouvrir tous les dimanches matins, sans autorisation particulière. Ces surfaces en centre-ville sont généralement occupées par la grande distribution, ce qui engendre une pression et une concurrence vive sur les petits commerces, certaines épiceries indépendantes, voire des boulangeries.

Enfin, cela concurrence les marchés de centre-ville, alors que Nancy n’a jamais véritablement réussi à impulser une dynamique diversifiée en la matière, contrairement à de nombreuses grandes villes où s’organisent plusieurs marchés dans la semaine.

Dépasser l’approche du « citoyen-consommateur »

Se cultiver, se promener, visiter, étudier… Une ville, c’est un lieu de rencontres où se croisent des intérêts divers. Avoir une ambition nouvelle pour le centre-ville, c’est être en capacité d’établir de manière objective un diagnostic de la situation, en proposant des solutions nouvelles et en portant un projet de société alternatif à celui du « citoyen-consommateur ».

Nous sommes convaincus de la nécessité de trouver un équilibre entre vie professionnelle/commerciale et vie familiale/amicale. Dans un contexte de défiance, de fragilisation de la cohésion et de la fraternité, préservons un jour sur les sept que comptent notre semaine pour nous retrouver, changer de rythme, nous cultiver, privilégier les espaces pour renforcer les relations intergénérationnelles.

Un jour préservé pour aller au musée, au cinéma, au concert, à la médiathèque, au zoo, visiter des expositions, valoriser l’artisanat, les richesses de nos territoires, participer aux tournois sportifs, encourager ses enfants, ses amis, son équipe favorite. De beaux dimanches, emplis de vie, d’attractivité et de dynamisme.