Futur tram : ayons de l’ambition !

Tribune d’expression libre publiée dans Nancy mag (octobre 2017)

Futur tram : ayons de l’ambition !

Depuis de longues années, il est un dossier qui occupe plus que d’autres la Métropole : celui des déplacements et notoirement de la ligne 1 de transport en commun en site propre. C’est de nouveau le cas depuis quelques mois. L’assemblée métropolitaine réfléchit en effet aux modalités de remplacement du matériel roulant qui arrive, tant bien que mal, au terme de son cycle de vie. En 2022, la page du « tram » Bombardier sera ainsi définitivement tournée.

A la fin des années 90, c’est cette technologie d’un bus bi-mode guidé par un rail sur la majorité de son parcours qui a été retenue pour remplacer le système des trolley-bus. Ni les trolleys en leur temps, ni donc ce « tram » Bombardier ne sont malheureusement parvenus à doter Nancy et son agglomération d’un moyen de déplacement performant, fiable et confortable.

En effet, si le succès commercial est au rendez-vous, autour de 40 000 voyageurs l’utilisant chaque jour, faute de mieux, les pannes à répétition (et ce dès sa mise en fonctionnement), les importants et coûteux travaux d’entretien du matériel et de la voirie ont montré aujourd’hui toutes leurs limites. Surtout, il est totalement impossible d’améliorer l’offre proposée aux usagers, le constructeur ayant cessé de les produire. L’agglomération caennaise qui était également équipée de ce matériel, a d’ailleurs fait le même constat. D’ici 2019, à Caen, un tram sur fer comme il en existe dans de nombreuses villes françaises, viendra remplacer le matériel Bombardier.

C’est cette même option qui semble devoir être retenue à Nancy. Les autres pistes explorées ne sont pas à l’hauteur des enjeux et les mettre en œuvre présenterait le risque d’une capacité insuffisante au regard des besoins de déplacements voire d’une nouvelle obsolescence programmée. Le choix d’un tram sur fer, même s’il implique un investissement de départ plus conséquent, paraît être la solution la plus pertinente permettant de mettre derrière nous, deux ou trois décennies de tâtonnements en la matière.

Ce mode a déjà fait toutes les preuves de sa fiabilité, de sa longévité, apportant un véritable confort aux usagers. Pour le confirmer, regardons les exemples de Grenoble, de Strasbourg ou de Nantes. Ce tram sur fer permet également d’augmenter considérablement le nombre de voyageurs transportés, jusqu’à 65 000 voire 70 000 par jour. C’est un vrai besoin pour notre ville quand on observe les mutations urbaines à l’œuvre ou à venir sur les Rives de Meurthe, le quartier Gare et le centre-ville ou sur le campus ARTEM. Autant de pôles en développement qui ont besoin d’être desservis par un moyen de transport efficace. C’est en outre un vecteur d’attractivité pour Nancy, notamment vis-à-vis des entreprises, cherchant à s’y développer ou s’y implanter, ou encore des quelque 45 000 étudiants présents.

La question du tracé rapidement évoquée est pourtant cruciale. Sur le tronçon central et donc sur Nancy, il ne sera pas amené à évoluer et cela semble pertinent dans la mesure où les principaux pôles de la ville sont desservis. A ses extrémités, il paraît important d’être volontariste pour que le territoire le plus large possible soit irrigué par le tram, en allant vers Seichamps à l’Est, et vers Vandoeuvre-Roberval au Sud. Cette variante permet également d’envisager à terme la création d’un tram-train vers Champigneulles, au Nord, connecté au quartier des Rives de Meurthe.

Le succès de ce projet passe enfin de notre point de vue par une meilleure réflexion sur l’insertion du tram dans le tissu urbain. Sur le territoire nancéien, nous pensons que quelques pistes devraient être explorées pour que l’ensemble des Nancéien-ne-s s’approprient ce futur tram : voies engazonnées, implantation d’arbres le long du tracé, mobilier urbain de qualité et pourquoi pas, des aménagements artistiques.

Une phase de concertation s’ouvrira dans les prochaines semaines au cours de laquelle nous ne manquerons pas de défendre notre vision ambitieuse pour ce projet central, nous engageant pour les décennies à venir. Le déploiement d’un nouveau matériel sur la ligne 1 doit se faire en cohérence avec le développement dans notre agglomération des modes doux et de transports collectifs performants sur l’ensemble du territoire. Des choix clairs doivent être faits, en écho à ceux opérés dans de nombreuses villes européennes, qui affichent leur volonté de réduire en ville les flux automobiles. »