Musée lorrain : des avancées et une vigilance maintenue

Tribune d’expression libre publiée dans Nancy mag (numéro juillet-août 2017)

« Musée lorrain : des avancées et une vigilance maintenue

Voilà 5 années que le projet de rénovation et d’extension du Musée lorrain (hébergé dans l’ancien palais des ducs de Lorraine) a été engagé par l’actuelle municipalité. Cette rénovation est nécessaire tant pour le bâti (accessibilité, mise aux normes techniques) que pour sa muséographie peu adaptée aux exigences nouvelles des visiteurs.

Cependant, nous avons combattu le projet initial sur au moins deux aspects à commencer par son coût démesuré (100M€ !) et l’absence d’un cofinancement avéré. Cette première version aurait par ailleurs obéré un budget d’investissement municipal déjà extrêmement contraint. L’autre faiblesse concernait la faible réflexion sur l’intégration urbaine du projet et notamment l’absence d’intégration de la rénovation pourtant indispensable du Palais du Gouvernement.

La forte mobilisation citoyenne, l’engagement d’associations de défense du patrimoine, les demandes formulées par le Ministère de la Culture et la commission des Monuments historiques ont conduit à une remise à plat du dossier courant 2016, dont l’aboutissement a été l’adoption au début du printemps 2017 d’un projet revu et corrigé.

Nouveau périmètre d’intervention, convention financière pour un projet à 43M€, adaptation du projet architectural : autant de points que nous considérons comme des avancées importantes modifiant l’économie générale de la version initiale.

Dans le détail, nous notons que la construction contemporaine désormais envisagée en lieu et place du bâtiment dit « de fond de cour » respecte mieux la volumétrie du bâtiment actuel, s’inscrivant en continuité du bâtiment des Ecuries, qui sera conservé tout comme le mur de Balligand. Si nous prenons acte de ces aménagements, nous sommes et resterons soucieux de la qualité esthétique du bâtiment qui verra le jour et de son intégration dans cet ensemble architectural majeur. De la même façon, les importants travaux en sous-sol qui doivent être réalisés et les fouilles longues et incertaines qui devront être engagées, restent à l’heure actuelle un véritable point d’interrogation. Celles-ci ne doivent pas aboutir à une inflation budgétaire non maitrisée.

Du point de vue de la construction, il apparaît que certaines de nos remarques ont été prises en compte à commencer par l’abandon du projet d’amphithéâtre initialement prévu en sous-sol. L’édification de cet équipement paraissait en effet inutile alors que deux équipements de même nature existent à seulement quelques centaines de mètres, au Musée des Beaux-Arts et au Museum-Aquarium.

Du point de vue muséographique, un important travail a d’ores et déjà été engagé sur le parcours historique. Il nous apparaît également essentiel que les joyaux de ce musée, notamment les œuvres de Georges de la Tour ou de Jacques Callot, soient mis en valeur comme il se doit. Personne ne comprendrait qu’une telle rénovation fasse l’impasse sur ce point.

L’autre principale inflexion par rapport à 2012 concerne la question du coût. La nouvelle mouture validée en mars dernier s’est recentrée sur ce qui était initialement appelé « Phase 1 » pour un montant global de 43M€. Une réduction de la voilure indispensable pour rendre ce projet soutenable sur le plan budgétaire. Surtout, nous avons désormais la certitude que l’Etat, le Conseil régional et le Conseil départemental accompagneront cet effort financier.

Enfin, nous avons obtenu du maire l’engagement que les études pour la rénovation du Palais du Gouvernement et de la Place de la Carrière soient engagées rapidement, sans attendre la fin du chantier du Musée Lorrain.

Le chemin est encore long jusqu’à l’inauguration de ce Musée 2.0 dont l’inauguration ne devrait avoir lieu qu’à l’horizon 2023. D’ici là, nous continuerons d’exercer pleinement notre rôle de minorité vigilante et constructive. »

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