12 élèves par classe en CP : une fausse bonne idée ?

Conseil municipal de Nancy
Lundi 3 juillet 2017 – 14h30

5 – Participation aux frais de scolarité pour les élèves accueillis dans les écoles publiques de Nancy pour l’année scolaire 2016-2017


 

Intervention de Bertrand Masson
(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le maire, chers collègues,

Lors du dernier conseil municipal, nous vous avions interrogé quant à un éventuel retour à la semaine de 4 jours dans les écoles nancéiennes. Le décret autorisant les communes à procéder de la sorte vient de paraitre et nous avons bien noté que vous comptiez profiter de l’année 2017/2018 pour juger de l’opportunité d’un tel retour en arrière. Nous vous rappelons que nous nous tenons à votre disposition pour participer à un groupe de travail sur cette question.

Parmi les autres dispositions souhaitées par le nouveau gouvernement dans le champ scolaire, figure une mesure visant à réduire le nombre d’élèves à 12 pour les classes de CP présentes sur les territoires classés REP+ dès la prochaine rentrée (+/- 2500 classes en France). Cette mesure devrait être étendue en septembre 2018 aux CE1, et le périmètre élargi aux REP.

Cette volonté de vouloir concentrer les efforts sur les premiers niveaux de l’école élémentaire semble aller dans le bon sens mais n’est pas sans poser question dans son application locale.

A commencer par une question très pratique : les écoles nancéiennes concernées (situées sur le Plateau ) seront-elles en mesure de dédoubler les classes ? En d’autres termes y aura-t-il des locaux disponibles pouvant accueillir ces nouvelles classes ? Si tel n’était pas le cas, est-ce que vous envisagez de conduire des travaux en conséquence ?

L’autre interrogation concerne cette fois directement l’éducation nationale. Ce dédoublement des classes se faisant à moyens humains constants, les professeurs qui y seront affectés le seront par le biais de redéploiements internes.

En d’autres termes, on risque de déshabiller Pierre pour habiller Paul car ce sont des enseignants remplaçants ou des enseignants participant au dispositif « plus de maitres que de classes » qui seront employés à mettre en place ces dédoublements. De même les habituelles réouvertures de classes à la rentrée pour faire face à des augmentations d’effectifs seront de fait compromises.
L’inspecteur d’académie s’est d’ailleurs récemment ému de cette situation dans la presse locale.

Si nous pouvons souscrire à la volonté initiale de ce projet, nous espérons qu’au-delà des mesures d’affichage, des moyens concrets seront mis en face des objectifs définis durant les prochaines années. Les enjeux éducatifs méritent mieux que de simples bricolages.