Un budget de mi-mandat bien terne

Conseil municipal
Lundi 20 mars 2017

Budget primitif 2017


 

Intervention de Chaynesse Khirouni
SEUL LE PRONONCE FAIT FOI

Monsieur le maire, chers collègues,

Je tiens tout d’abord, au nom de notre groupe, à saluer le travail du personnel pour l’élaboration de ce budget. Notre collègue Michel DUFRAISSE vient de nous livrer son habituel état des lieux des grandes masses budgétaires. Sur ce budget, nous constatons que :

la dette est affichée aux alentours de 106 / 107 M€, en légère baisse depuis 2014 mais toujours à 1 000 € / habitant et surtout susceptible de repartir à la hausse d’ici la fin de votre mandat, notamment pour financer le Musée lorrain ;
• les taux de fiscalité n’augmentent pas mais les recettes augmentent, elles, légèrement du fait de la revalorisation des bases ;
• les recettes en provenance de l’Etat sont toujours en baisse, mais moins que prévu.

Aussi, il me paraît pertinent de m’attarder sur le plan d’économies que vous avez mis en place face à la baisse de la DGF. Si cette dernière a pu être absorbée sans augmentation d’impôts, il me paraît important de rappeler le plan d’économies que vous avez mis en place et qui a concerné plusieurs axes :

• la gestion et réorganisation des services et du personnel ;
l’optimisation de la gestion du patrimoine immobilier, qui n’avait connu aucune politique spécifique, qui était géré en dépit du bon sens, et qui a coûté très cher à la Ville. Finalement, la baisse des dotations de l’Etat a obligé la commune à engager ce travail ;
vous avez également engagé la fermeture de certains services publics, pour beaucoup dans des quartiers populaires de la Ville. Je pense, bien sûr, à la vente des mairies de quartier et surtout des écoles ;
• je rappelle enfin que des ressources complémentaires ont été obtenues suite à l’augmentation de la tarification de nombreux services publics, dont le péri-scolaire et les centres de loisirs.

Il s’agit là d’actes forts de sens que nous continuons à dénoncer. Nous voulons réaffirmer ici notre attachement aux services publics locaux, qui sont vitaux pour notre qualité de vie et notre cohésion sociale. Les services publics sont pour nous le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Ils sont un atout pour notre ville et si importants pour la qualité de vie de nos concitoyens.

Mais revenons au budget primitif. Au niveau des dépenses, nous notons :

• 115 M€ de dépenses de fonctionnement, 27 M€ d’investissement dont 13,5 M€ de travaux.
• Les dépenses de fonctionnement sont globalement maîtrisées, et même plutôt en baisse. Nous soulignons toutefois l’augmentation des frais de personnel liés à l’augmentation du point d’indice, ce qui est une bonne chose pour les fonctionnaires, d’autant que les heures supplémentaires ont été réduites.
• Les dépenses d’investissement ne laissent, quant à elles, pas apparaître de grandes nouveautés :
– les travaux conduits dans les écoles sont les bienvenus, de l’ordre de 3 M €, mais comprennent des travaux de sécurisation des locaux liés au risque attentat. Ils sont néanmoins le signe que peu de choses avaient été entreprises dans ce domaine lors des mandats précédents ;
–  le Musée lorrain, dont nous reparlerons dans les délibérations suivantes, est la grande nouveauté et va commencer son envol progressif à compter de ce budget ;
– enfin, plus anecdotique sur le montant (100 k€), des études concernant la MJC des 3 Maisons sur lesquelles je reviendrai dans la suite de mon intervention.

En complément des éléments budgétaires, je souhaite me pencher sur deux enjeux majeurs, qui avaient déjà été soulevés par Bertrand MASSON lors de la présentation du rapport d’orientation budgétaire en janvier dernier. Sur la question du commerce. Il s’agit d’un des sujets cruciaux de notre Ville, même si nous savons que de nombreuses communes doivent faire face à un centre-ville en souffrance.

Dans l’actualité récente, nous constatons le risque de fermeture de La Halle rue Saint-Jean (avec une très grande surface commerciale), voire du magasin André ; rue Saint-Georges, les fermetures de GStar et Tommy Hilfiger. Nous avons également, et depuis plus longtemps, les friches commerciales GO Sport et Darty, sans parler de vrais points noirs de vacance ci et là, comme dans le début de la rue Saint-Dizier. Vous avez évoqué un effort d’investissement pour l’attractivité économique. Malheureusement, aujourd’hui, nous peinons réellement à voir les effets de la politique municipale, qui manque d’une véritable stratégie de re-développement / re-déploiement de notre centre-ville. Des annonces symboliques, comme l’arrivée de la marque Starbucks ou les travaux dans les centres commerciaux du centre ville ne peuvent suffire à définir une stratégie de revitalisation.

Il y a ce que peuvent faire les acteurs comme les commerçants, l’ATP A.V.E.C, et qu’il faut encourager, et ce que doit faire la ville. Nos propositions : rachat de cellules, développement d’animations, accessibilité, arrêt du développement des zones périphériques via la CDAC, … Afin de faire face à cet enjeu crucial pour les collectivités, des dispositifs concrets ont été mis en place par la Secrétaire d’Etat en charge du Commerce et de l’Artisanat :

• l’orientation prioritaire en 2017 des appels à projets du Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (FISAC) sur les centralités commerciales dégradées des « villes connaissant un fort taux de vacances » ;
• la remise à plat des commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) chargées d’examiner les projets commerciaux de plus de 1 000 m2,
• la création d’un portail internet dédié pour aiguiller les élus.

S’ils sont modestes, ces dispositifs méritent sans doute que l’on s’y attarde.

Sur la question de la démocratie locale, ensuite. Il s’agit d’un sujet que vous avez posé comme priorité du mandat, mais qui reste encore très limitée. Je commencerai par évoquer le dossier de la MJC des 3 Maisons, sur lequel notre groupe a déjà eu l’occasion de s’exprimer à de nombreuses reprises depuis près d’un an maintenant. Vous avez annoncé que la MJC des 3 Maisons allait faire l’objet d’un nouveau projet d’aménagement concerté avec elle, le Conseil citoyen et les habitants. Certains membres du collectif « Nos 3 Maisons » ont récemment rencontré vos services pour faire le point sur le projet que vous souhaitez conduire sur ce ce site. Mais manifestement, les options étudiées, notamment celle visant à agrandir le bâtiment principal de cet équipement (le « Cube ») pour y installer un dojo, ne satisfont pas les riverains du quartier, comme en témoigne le courrier qu’ils vous ont adressé. Ils demandent ainsi à ce que le projet soit ouvert à une « réelle concertation pour permettre une réflexion sereine sur l’avenir de la MJC des 3 Maisons, et ce en réunissant autour de vous tous les utilisateurs de cette dernière, ses dirigeants, le collectif, les riverains, les associations et toutes personnes impactées ». Nous soutenons bien évidemment cette requête et vous demandons d’y accéder. En effet, nous avons la conviction que les projets urbains et immobiliers doivent être intégrés à une réflexion globale avec les habitants et associations de notre Ville et de notre Métropole. Sans leur concertation et participation préalable, les futurs projets présentés iront à l’échec.

Plus généralement, nos concitoyens souhaitent s’impliquer et prendre part aux décisions qui les concernent au quotidien. Les entendre et tenir compte de leur avis, de leurs réflexions, est la condition primordiale pour la réussite des projets qui les concernent. Je prendrai ici pour exemples les budgets participatifs des villes de Paris et de Metz, véritables succès en termes de processus démocratique au niveau local. Le constat de la défiance des citoyens vis-à-vis des responsables politiques est aujourd’hui largement partagé. Dans ce contexte, la démocratie participative est un enjeu crucial, qui doit se construire au-delà des réunions des conseils citoyens. Cette méthode, vous le voyez, dépasse les clivages partisans et doit dès à présent être notre marque de fabrique, afin de permettre la compréhension, la co-construction et l’adhésion des habitants. Ce chemin est long, il peut être source de remises en cause mais il sera, j’en suis convaincue, surtout une source de succès.

Je vous remercie.