Friche culturelle : enfin un projet à Nancy

Conseil municipal
Lundi 20 mars 2017

19 – Projet de pépinière culturelle et créative et mise en place de nouveaux dispositifs d’accompagnement des acteurs culturels


 

Intervention de Chantal Finck
SEUL LE PRONONCE FAIT FOI

Monsieur le maire, chers collègues,

Alors que notre collectivité avait pour tradition de consacrer l’essentiel de ses lignes budgétaires allouées à la culture, à la gestion de grandes institutions, ainsi qu’à la préservation du patrimoine, ce projet de pépinière culturelle annonce enfin un tournant, certes modeste du point de vue de l’engagement financier, dans cette stratégie.

Si j’emploie le mot « enfin », ce n’est pas de façon innocente. Certains de mes collègues qui siégeaient dans cette enceinte dans la précédente mandature, défendaient dès 2008 cette idée de créer un lieu dédié à la création contemporaine, un lieu où les artistes pourraient travailler, répéter, confronter leurs créations au public. Avec cette délibération, vous vous décidez enfin à franchir le pas, et je crois pouvoir dire que les créateurs nancéiens attendaient cet équipement d’un nouveau genre, depuis longtemps

Nous sommes heureux d’observer l’émergence de cette friche culturelle mais ce soutien de principe à ce projet, n’est pas un soutien aveugle. Puisque nous en sommes encore à l’étape de l’élaboration de son cahier des charges, nous souhaitons profiter de cette tribune, pour vous encourager à aller encore plus loin, dans ce soutien à la création contemporaine.

1. Sur la localisation de cette pépinière tout d’abord. Quand nous pensions qu’Alstom serait le lieu idoine, un lieu patrimonial fort, à deux pas de la Pépinière, vous avez choisi de l’envisager boulevard d’Austrasie, sur ce qu’il faut désormais appeler le technopôle Renaissance. Dont acte.
Permettez-moi d’ouvrir une courte parenthèse sur le sujet Alstom : il faudra que nous ayons un jour ou l’autre, un débat dans cette enceinte, sur le devenir de cette friche. Plus de 10 ans après son rachat par le Grand Nancy, les études se sont succédées sans que rien n’ait été tranché sur sa reconversion.

Le choix de travailler sur le site du boulevard d’Austrasie, semble néanmoins pertinent. Cela permettra tout d’abord de donner enfin une utilité à cette grande hall, rénovée à grands frais il y a quelques années, et qui peine aujourd’hui à être investie autrement que de manière ponctuelle. Les travaux de rénovation conduits sur les bâtiments voisins, comme ceux de l’octroi, seront également l’occasion d’achever la réhabilitation de cette partie du quartier.

2. L’objectif semble également de vouloir mettre en cohérence les autres structures évoluant à proximité immédiate, que sont le Paddock et le Médiaparc. Une intention louable, qui s’inscrit d’ailleurs des logiques observées dans d’autres ville, et qui vise à ce que la rencontre d’acteurs culturels, d’acteurs de la nouvelle économie, soit source d’inventivité. Attention toutefois : la mise en réseau d’acteurs qui n’ont pas nécessairement l’habitude de travailler ensemble, nécessite sans nul doute, de réfléchir dès aujourd’hui, à des modalités de travail communes ou encore à des lieux de rencontre partagés.

Voilà donc pour le clos et le couvert. Mais un lieu de création culturelle, ce n’est pas que des murs et du chauffage. Les expériences similaires conduites partout ailleurs en France et en Europe partagent un autre trait commun : l’accompagnement constant des artistes dans leurs projets.

3. Et cela ouvre à notre sens, une autre piste d’amélioration. Je crois que nous pouvons tous être d’accord, sur le fait que le travail principal des artistes doit d’être concentré justement sur la création. Malheureusement, bien trop souvent, les tâches administratives, les recherches de nouvelles subventions, les recherches d’autres lieux de diffusion, accaparent un temps considérable.

Ainsi, et de la même manière qu’un centre de ressources de la vie associative a ouvert ses portes, il nous paraît important que des moyens soient mis à disposition par la commune sur cette future Pépinière culturelle. Le recrutement de personnels qualifiés, comme des chargés de diffusion, serait une réponse tout à fait pertinente à ces demandes répétées de la part des acteurs culturels de la commune. De notre point de vue, le travail de notre collectivité ne doit pas se limiter à livrer les clefs d’un bâtiment rénové. Il en va de la vitalité et du développement futur de cet équipement, il en va des interactions qui pourront ou non s’opérer, avec les autres occupants de ce quartier.

4. Je terminerai rapidement mon propos, en rappelant l’impérieuse nécessité de faire de ce lieu, un lieu ouvert sur la ville, accessible aux Nancéiens. Et pour cela il sera également nécessaire de développer des politiques publiques d’animation au long cours.

En conclusion, comme je l’indiquais au début de mon intervention, le développement de cette friche culturelle est un projet positif auquel nous souscrivons tout à fait, un projet pour lequel nous sommes, et continuons d’être vigilants, pour qu’il puisse donner sa pleine mesure, une fois mis sur les rails.