ZAC Rives Meurthe : permettons l’investissement des citoyens

Conseil municipal de Nancy
Lundi 5 décembre 2016

4 – Territoire à enjeux Rives de Meurthe – ZAC Stanislas Meurthe et ZAC Austrasie – Notes de conjoncture pour l’exercice 2015


 

Intervention de Chaynesse Khirouni
SEUL LE PRONONCE FAIT FOI

Monsieur le Maire, chers collègues,

Vous l’avez rappelé, le territoire des Rives de Meurthe, situé au cœur du Grand Nancy, participe au développement social et économique de l’Est de l’agglomération. Il représente ainsi l’un des grands enjeux de la Métropole de demain.

Aussi, je souhaiterais profiter de cette délibération pour revenir sur plusieurs projets urbanistiques et opérations d’aménagement amenés à impacter ce quartier dans les années à venir.

Pour commencer, le projet de voirie du Boulevard urbain Meurthe-Canal, qui a pour principal objet d’offrir une voie de contournement du centre-ville de Nancy.

Il est dans les tiroirs de la Communauté urbaine du Grand Nancy, désormais Métropole, depuis plusieurs années déjà. Le Conseil métropolitain du 23 septembre dernier a officiellement relancé la démarche, qui doit notamment permettre l’engagement d’un second tronçon de cet équipement, entre le rond-point de la STEP (station d’épuration des eaux usées) et la rue Vayringe.

Or, ces dernières années, plusieurs actions ont été menées par des habitants et des associations, craignant de voir se construire une « autoroute urbaine » au cœur de ce quartier Nord des Rives de Meurthe, par ailleurs déjà mobilisé contre différents projets.

Je pense en effet à l’opération immobilière engagée ruelle de Vitrimont et à la vente annoncée d’une partie de l’équipement socio-culturel de la MJC des 3 Maisons. Ces dernières mutations urbaines semblent avoir été envisagées sans véritable participation et concertation des habitants.

En ce qui concerne le projet de promotion immobilière ruelle de Vitrimont, je crois savoir que des nancéiens ont introduit, en juillet 2016, une requête auprès du Tribunal Administratif de Nancy, visant à faire annuler le permis de construire et empêcher la réalisation de l’opération.

Concernant l’Annexe de la MJC des 3 Maisons, enfin, notre groupe a déjà eu l’occasion de s’exprimer à de nombreuses reprises depuis le mois d’avril 2016.

« Equipement emblématique d’un quartier en devenir, la MJC des 3 Maisons va faire l’objet d’un nouveau projet d’aménagement concerté avec elle, le Conseil citoyen et les habitants. » Voilà ce qu’on pouvait lire dans un encart du dernier Nancy Mag’. Pourtant, la concertation que vous semblez appeler de vos vœux arrive un peu tard, alors que votre majorité souhaite de nouveau imposer une décision par le haut, sans en avoir préalablement discuté avec les riverains.

Légitimement attachés à leur cadre de vie, les riverains ne sont pas opposés à une évolution de leur quartier. Ils souffrent toutefois d’un réel manque d’information.

Concernant la MJC des 3 Maisons, la situation s’est cristallisée et semble être bloquée. Il me semble que la confusion doit aujourd’hui être levée en stoppant le discours qui consiste à dire à la fois qu’il n’y a pas de projet mais que finalement, il y a peut-être quand même un projet !

Concernant le projet de Boulevard urbain, le Président de la Métropole affiche l’ambition d’une démarche d’urbanisme négociée. Vous souhaitez continuer d’aménager de manière plus partenariale et négociée, notamment avec les acteurs privés qui bénéficieront des aménagements et équipements publics.

Mais j’ai la conviction que les projets urbains et immobiliers doivent être intégrés à une réflexion globale avec les habitants et associations de notre Ville et de notre Métropole. Sans leur concertation et participation préalable, les futurs projets présentés iront à l’échec.

Nos concitoyens souhaitent s’impliquer et prendre part aux décisions qui les concernent au quotidien. Les entendre et tenir compte de leur avis, de leurs réflexions, est la condition primordiale pour la réussite des projets d’aménagement qui impactent leur cadre de vie.

C’est un enjeu crucial en termes de démocratie participative, qui doit se construire au-delà des réunions des conseils citoyens.

Le constat de la défiance des citoyens vis-à-vis des responsables politiques est aujourd’hui largement partagé. Il est de notre responsabilité de considérer l’expertise des habitants aux projets de renouvellement urbain avec la même valeur, la même considération, que le savoir des ingénieurs et des architectes, ou que les exigences des financeurs ou des acteurs de la promotion immobilière.

Il nous faut associer aux projets les habitants et les acteurs locaux pour améliorer et corriger les décisions des maîtres d’ouvrage. Ce sont souvent les interventions des habitants qui ont rendu un quartier plus conforme aux aspirations et aux usages.

Je prends l’exemple notamment du projet de contournement de la commune de Malzéville, longtemps resté en suspens : c’est ce dialogue entre les élus, les citoyens et les associations qui a permis de relancer un projet amendé et désormais accepté par le plus grand nombre.

Pour le Boulevard urbain, les riverains demandent une évaluation des conséquences en termes de flux et de nuisances, notamment du côté des rues Oberlin et Bazin. Les associer, les informer, serait une première réponse à leur mobilisation.
Cette méthode, vous le voyez, dépasse les clivages partisans et doit dès à présent être notre marque de fabrique, afin de permettre la compréhension, la co-construction et l’adhésion des habitants aux projets urbanistiques. Ce chemin est long, il peut être source de remises en cause mais il sera, j’en suis convaincue, surtout une source de succès.

Je vous remercie.