RDV du commerce et besoin d’un plan d’actions

COMMUNIQUE DE PRESSE


 

Nancy, le 18 avril 2016 – Voilà plus de 6 ans que nous exhortons la municipalité à organiser des états généraux du commerce Nancéien et Grand Nancéien. Pourquoi ? Dans la situation que vit le commerce, c’est le cadre le plus approprié pour réunir tous les acteurs de ce secteur : commerçants et leurs associations, consommateurs, chambres consulaires, collectivités. Une première étape allant en ce sens, a été franchie aujourd’hui avec la tenue d’un RDV du commerce à l’Hôtel de ville. Toutefois notre groupe n’a pas été associé, ni en amont ni en aval, à ce rdv. Nous le regrettons car nos propositions sont constructives.

L’attractivité d’un territoire restent intiment liés au commerce. Parmi les villes les plus convoitées par les grandes enseignes, s’il est de bon aloi d’y voir Paris, Bordeaux, Cannes, des agglomérations comme Grenoble, Strasbourg, Tours et même Metz dépassent Nancy en terme d’attractivité commerciale. En dehors des éléments sur lesquels une municipalité peut difficilement intervenir, il est à noter que notre ville n’est pas identifiée commercialement ! Remarquons également que la politique d’animation commerciale se répète d’année en année.

Ainsi, Strasbourg est « repérée » comme la ville du terroir alsacien. Cette identité connue et reconnue dans toute la France attire commercialement les créateurs de commerces et les consommateurs intéressés par ce secteur. Metz profite encore de son image d’une ville à petites boutiques spécialisées et de son marché couvert à bon prix. Sa zone de chalandise pousse jusque Pont A Mousson.
Nancy pourrait miser sur son image de ville jeune (45 000 étudiants) et populaire pour orienter son identité commerciale. Des leviers existent pour cela : règles d’urbanisme, politique de déplacements, politiques publiques incitatives,…

Territorialement, les zones périphériques sont nécessaires et utiles, encore faut-il que leur nombre soit équilibré par rapport aux commerçants de proximité. Ces méga-galeries commerciales sont d’une part trop nombreuses sur le territoire grand-nancéien asséchant les centres villes des communes, et d’autre part trop imposantes ! On y fait ses courses, on y mange, on y fait ses lunettes, on y dépose nos prescriptions pour nos médicaments… Les hypermarchés prennent ainsi 57% des achats alimentaires dans la CUGN quand qu’ils n’en prennent que 47% dans toute la Lorraine et tout juste 45% à Paris. Les marchés municipaux et le petit commerce traditionnel se partagent à peine 10% de ces achats alimentaires dans Nancy et ce taux continue de baisser. Il nous faut changer complètement les règles d’autorisation d’ouverture et de permis de construire pour ré-inciter à l’installation dans les quartiers urbains centraux.

On voit bien que le fatalisme de la majorité municipale sur ce sujet du commerce, comme sur d’autres, n’est pas insurmontable, faut-il encore vouloir penser la « ville shopping » de demain, et plus généralement la ville de demain tout court. Nouvelle vision des marchés municipaux en cohérence avec les commerçants existants, nouvelle vision de la collaboration entre la ville et toutes les associations de commerçants, nouveau balisage FISAC pour que ces aides profitent vraiment aux commerçants et artisans,… autant de chantiers nécessitant d’une équipe municipale de la clairvoyance plus que de l’expérience !

Autre axe de travail, les transports. Une autre politique de déplacements urbains devrait étudier très en amont la relation entre transports en commun et commerces de centre- ville. Le prochain Plan de déplacements métropolitain (intégré dans le PLUi) devra prendre en compte cet enjeu essentiel, car contrairement aux idées reçues, les usagers des TC représentent une part importante des consommateurs du centre-ville, ainsi qu’une clientèle fidèle (tout comme les piétons d’ailleurs) comme en attestent régulièrement des études du Gart.

Des innovations peuvent également voir le jour demain à Nancy et dans son agglomération comme les contrats d’implantations locales. Dans l’urgence écologique, le commerce jouera un rôle à côté de l’industrie. Le consommateur devient un « consom’acteur » et prend conscience que les commerces en centre-ville limitent l’utilisation de la voiture, qu’ils créent des liens sociaux plus forts car c’est chez eux que l’on croise son voisin. C’est aussi par là que le dépassement de l’individualisme se fera. Dans ces trop grands ensembles l’anonymat des clients, des serveurs et des caissières conduit finalement à l’isolement.

2 ans après son élection, 6 ans après nos demandes réitérées, le maire a enfin tenu son premier « rendez-vous du commerce », nous attendons désormais qu’un plan d’actions concret soit enfin inscrit à l’agenda de la municipalité.

Bertrand Masson
Areski Sadi